Boussole Marine Barnérias

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Marine Barnerias : Le voyage intérieur qui l’a sauvé.

Par Anaïs • 8 min

✏️ Ce portrait fait partie de la série Psychologie du succès. Dans cette série d’interviews, on part à la rencontre de personnalités engagées et on décrypte leurs talents, leur parcours et leur personnalité d’après leurs résultats au test Boussole.

 

Rien n’arrête Marine. Pas même la maladie. Ses amies la décrivent comme un train qu’il ne faut pas rater et qui vous emmène le plus loin possible. C’est joli et c’est très vrai. J’ai eu, moi aussi, l’impression de sauter dans un train en lisant les pages de son livre Seper Hero : Le voyage interdit qui a donné du sens à ma vie.

Dans ce livre, elle raconte son histoire sans filtre : l’annonce de sa sclérose en plaques en 2016, son voyage en solo en Nouvelle Zélande, Birmanie & Mongolie à la recherche d’elle-même, les retrouvailles familiales et son retour en France… Elle y livre ses doutes, ses peurs, ses blagues, ses moments d’euphories et de bonheur.

Marine et moi avons le même âge, on a toutes les deux fait une école de commerce et on a des amis en commun. Son histoire ça aurait pu être la mienne, la vôtre ou celle d’un de vos proches. Alors forcément, on prend une claque. On réalise l’importance de s’écouter, de suivre son intuition et continuer de se battre, tous les jours. Son histoire est universelle et on en a parlé ensemble un soir enneigé de février chez WAKE UP.

▲ Son profil Boussole ▼

Boussole

À la lecture du test Boussole, pas de doute. Marine est une entrepreneure et aventurière née :

  1. Déterminée, elle est ultra courageuse. Après tout, n’a t-elle pas décidé de partir 8 mois en sac à dos, seule pour parcourir 11 300 km dans des pays inconnus ? Elle y a fait de l’auto-stop, a dormi en pleine nature, et s’est aventurée dans certaines régions reculées parfois sans même parler la langue.
  2. Elle carbure aux choses nouvelles et recherche avant tout l’aventure.Son dernier défi ? Courir le marathon de Paris. Au total ce sont plus de 35 coureurs et près de 200 supporters, qui ont soutenu Marine dans sa course aux couleurs des seper-heros.
  3. Enthousiaste et spontanée elle sait motiver les personnes autour d’elle pour adhérer à un projet. Si son histoire a déjà été reprise dans un livre, Marine s’apprête à la décliner en documentaire, au théâtre et même au cinéma, avec chaque fois à ses côtés des équipes incroyables.

▲ Notre discussion ▼

Tu renommes ta maladie Rosy parce que tu trouves le mot sclérose en plaques finalement assez moche. J’adore. Je crois beaucoup au pouvoir des mots. On devrait faire plus attention de la façon dont on les utilise.

Je suis complètement d’accord avec toi sur la puissance des mots. Je pense que l’on devient ce que l’on dit. Les mots sont notre identité et ils ont beaucoup plus d’impact que ce que l’on peut imaginer. Le mot sclérose en plaques est un mot laid, comme le sont d’ailleurs les mots chômage, divorce, reconversion, rupture qui nous stigmatisent et tentent de nous enfermer dans une boîte. J’ai refusé d’accepter ce mot et j’ai décidé de créer le mien. Créer son propre mot par rapport à la souffrance a été une source de créativité énorme. Prononcer le mot rose au lieu de sclérose peut sembler ridicule au début pourtant, ça a eu un impact inimaginable. C’est grâce à ce baptême que je suis en complète cohabitation et acceptation avec Rosy.

Hormis Rosy, est-ce que tu as un mot préféré ou un mot dont tu aimes la résonance et le son ?

L’immensité.

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit. Dans notre civilisation, on a l’impression d’être bloqués sans cesse par plein de choses. Il nous manque de l’oxygène. L’aventure avec Rosy a démarré pour moi à travers l’immensité de la nature en Nouvelle Zélande. J’ai découvert à quel point l’immensité de la nature nous rappelait l’immensité créative que l’on a à l’intérieur de nous.

J’aime ce mot parce que je me dis qu’il y a une infinité de possibilités et qu’aucune décision n’entraine une fatalité. Ça n’existe pas. Avant, choisir pour moi c’était renoncer. En voyageant et en me retrouvant devant l’immensité de la nature, j’ai réalisé à quel point on était libre d’aller à gauche ou à droite, tout simplement. Il y a toujours une immensité de solutions, de possibilités et de choix.

Dans ton livre, tu écris à plusieurs reprises “Je ne crois plus au hasard” parce que tu rencontres énormément de personnes sur ton chemin qui comme toi ont des Rosy et qui essaient de dépasser leurs peurs intérieures et de vivre tout simplement . À chaque rencontre, ce sont des moments d’émotion immenses que l’on ressent dans le livre. Si tu ne crois pas au hasard, à quoi est-ce que tu crois ?

Le hasard c’est l’invention de l’homme. C’est juste une manière de se rassurer. Tout ce qui arrive est le fruit de notre création : les difficultés, les séparations, les licenciements… Il n’y a pas de hasard. Tout a raison d’exister.

Quand j’ai commencé à entreprendre mon chemin de vie par rapport à ce que je ressentais au fond de moi, j’ai fait des rencontres qui avaient du sens à chaque étape de mon voyage. On ne se rend pas compte du pouvoir qu’a la vie. Il suffit de s’écouter, la vie s’occupe du reste.

Quand tu es dans un monastère en Birmanie et que tu apprends à méditer, tu poses cette question au moine “Comment puis-je ramener toutes ces connaissances avec moi et les mettre en pratique ?” Le moine te répond avec une sagesse infinie que tout prend du temps et que tu ne peux tout vouloir tout de suite.

Aujourd’hui, si tu repenses à ta discussion avec ce moine, qu’est ce que que cet enseignement a changé dans ta vie?

Beaucoup de choses ! Mais avant ça, je vais expliquer pourquoi je suis partie à la découverte de la méditation. Quand on a un aléas dans la vie, on hérite en général du fameux stress, celui nous empêche de penser et de créer. Après l’annonce de Rosy, je subissais mes pensées négatives et une angoisse extérieure. J’ai décidé de dompter mes pensées pour recréer un équilibre intérieur. Pour ça, j’ai d’abord fait 12 jours de silence dans un centre de méditation sans pouvoir ni parler, ni lire, ni écrire, ni regarder les gens dans les yeux. Là, je me suis rendu compte à quel point le silence était inexistant dans mon vocabulaire. Ça m’effrayait même. Je me remettais très peu en question et j’avais tendance à mettre la faute sur les autres. Bref, je devais changer intérieurement.

Après ces douze jours, j’ai vécu un mois et demi dans un monastère. On faisait 10h de méditation par jour et on vivait au rythme des moines. À la fin de ce séjour, j’étais sure d’avoir trouvé quelque chose d’exceptionnel et je voulais le mettre en application tout de suite. Le moine auquel tu fais référence m’a fait comprendre qu’avant d’adopter une nouvelle philosophie de vie, il fallait que j’accepte que le changement prenne du temps. Chaque étape est importante et si on brûle les étapes, le changement périme et il n’est pas durable. Heureusement qu’il m’a murmuré ces mots !

D’ailleurs il y a cette image que j’aime bien : Ici, on est tous sur un bateau. Avant d’arriver à bon port, on passe par plein d’îles : d’abord, l’île de la souffrance — il faut planter sa tente sur cette île et regarder sa souffrance, c’est ce qu’il y a de plus compliqué — ; puis l’île de l’intention celle où on a envie de changer ; l’île de la confiance — petit à petit les personnes se rassemblent autour de vous pour vous aider dans votre projet — ; puis quand on a tout, il y a l’île du doute — c’est normal, c’est humain — ; pour finir avec l’île de l’action.

Cette expédition me parle énormément. On ne passe pas d’un coup de de l’île de la souffrance à l’île de l’action.

Tu fais ce voyage en trois étapes avec la découverte du corps, l’esprit et l’âme. J’adore cette phrase de Maya Angelou, qui est une grande poétesse que j’admire et qui dit : l’âme c’est l’esprit qui me rapproche de la puissance divine. C’est ce qui fait le blues, le gospel et la poésie. Quelle est ta définition de l’âme ?

Selon moi, l’esprit se construit avec le temps et grandit avec l’âge. Et j’ai le sentiment que l’âme, c’est notre ADN. C’est ce qui permet l’unité entre notre corps et notre esprit. Aucune âme ne peut se ressembler car c’est ce qui fait notre individualité et notre authenticité.

Je suis partie dans les steppes de Mongolie, berceau du chamanisme pour essayer d’y voir plus clair. J’étais avec un peuple dont je ne parlais pas la langue. Alors j’observais. Et j’ai appris énormément en observant uniquement.

Tout le monde ne partira pas faire un voyage au bout du monde. Comment est ce que chacun peut faire pour mieux se connaître et mieux s’écouter au jour le jour ?

Il y a un ennemi, c’est la comparaison. On vit constamment connectées à tout, aux réseaux sociaux et au sur-développement personnel. Ça en devient presque oppressant : optimisme, bonheur, yoga, méditation, peace & love. Quand est-ce que je peux m’exprimer normalement ?

Personne ne réussit à s’écouter au jour le jour, sauf peut-être le Dalaï Lama. Il faut essayer de baisser le curseur d’exigence que l’on peut avoir envers soi-même. Cette quête du bonheur prend une emprise trop grande notre vie de tous les jours. Il y a des petites choses très simples qu’il faut savoir apprécier.

J’aime bien l’image de la chaise sur laquelle on est tous assis. Cette chaise comporte 4 piliers et ce sont eux qui composent notre vie : notre famille, notre vie professionnelle, notre vie personnelle et notre vie intérieure. Il faut tendre au maximum vers cet équilibre même s’il ne sera jamais parfait.

Cette quête de la perfection nous empêche parfois d’être heureux. Acceptons nos défauts et nos souffrances. De mon côté, j’essaie de prendre du temps avec ma famille, garder du sens dans mon objectif professionnel, m’investir dans ma vie personnelle et bien sûr passer du temps avec moi-même en méditant.

Et je garde en tête que rien n’est jamais acquis dans la vie. On est en perpétuel renouvellement comme la nature. Et quand on cultive son potager intérieur, c’est comme ça que la floraison devient infinie 🙂

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