Anais portrait

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De l’audit financier à France Fintech

Par Anaïs • 4min

Il y a 7 ans ma vie professionnelle n’était pas du tout au beau fixe. Je m’ennuyais dans mon job, je pensais que je n’avais pas de talents et que personne ne voudrait de moi dans un autre métier. Je me sentais prise au piège.

Aujourd’hui, j’ai le sourire toute la journée, j’ai la sensation d’être utile et de faire quelque chose de plus grand que moi. Clairement, cette vie était impensable quand j’étais au plus mal. Comment je m’en suis sortie ? Je vous raconte.

Mon rêve d’enfant c’était d’être Claire Chazal ou diplomate. Je n’avais alors pas d’autre choix que d’avoir des bonnes notes à l’école et de suivre les grandes études : BAC, classes prépa, école de commerce.

Mais plus j’ai grandi, plus j’ai oublié mes rêves d’enfant. Et Claire Chazal a été remplacée par un tout autre métier : je suis devenue auditrice financière dans une société de renom.

Au début de ma carrière, le bon salaire et les vacances au soleil faisaient vraiment du bien. Mais une fois les plaisirs d’à côté assouvis, il restait le quotidien. Ces 8 heures par jour, jour après jour, mois après mois, qui à l’échelle d’une vie deviennent 80 000 heures.

J’ai vite senti que je n’étais pas à ma place. Je devais me forcer, faire croire que tout allait bien et que j’avais des ambitions dans ma boîte alors que je voulais simplement partir.

Je portais un masque, mais dans le fond je vivais la solitude des naufragés de carrière. Alors où est-ce que tout ceci avait bien pu clocher ? Pourquoi tout avait dérapé alors que j’avais tant de certitudes auparavant ?

La réponse était dure à admettre : je m’étais inventée une vie qui n’était pas la mienne.

TIME TO CHANGE 🏃‍♀️

J’ai commencé par me faire accompagner pour faire le point sur ce que je voulais vraiment. J’ai réalisé que je voulais être proche des entrepreneurs pour que l’innovation fasse partie de mon quotidien, tout en restant dans l’univers de la finance car j’avais envie d’avoir un impact sur ce secteur.

Ne sachant ni où ni quand une porte allait s’ouvrir pour m’apporter mon job rêvé, j’ai suivi un plan d’action simple : aller à la rencontre des entrepreneurs et des acteurs de la finance qui changent la donne.

Après plus d’une centaine de rencontres, des portes ont commencé à s’ouvrir. Je suis devenue l’ambassadrice de l’association Femme Business Angels, j’ai conseillé un fond d’investissement en création sur sa stratégie d’éthique et j’ai même créé un blog où j’ai interviewé des femmes inspirantes qui changeaient le monde à leur échelle.

Toutes ces actions étaient bénévoles et à côté de mon travail d’auditrice. Mais elles ont été la clé de ma réussite. Car de fil en aiguille, s’est ouverte l’opportunité rêvée pour moi. Je suis tombée sur un poste à pourvoir pour diriger une association des entrepreneurs de la Fintech.

Le poste était en or et j’ai été nommée DG de cette association.

Plus tard, j’ai appris que j’étais en concurrence sur ce poste avec d’autres cadres de la finance avec un CV deux fois plus long que le mien. J’étais outsider, mais avec tout ce que j’avais fait, j’étais tellement convaincue que j’en suis devenue convaincante.

Ma vie a alors pris un tournant. A la tête de France Fintech, les entrepreneurs sont rapidement devenus plus que les membres d’une association : Céline Lazorthes, Olivier Goy, Jean-Charles Samuelian, Caroline Lamaud, Gonzague Grandval etc.

J’ai défendu leurs intérêts auprès de la Commission Européenne, à Bercy tout en créant de toute pièce les événements Fintech Révolution qui rassemblent désormais plus de 1000 participants tous les ans. Ces actions m’ont même amené à figurer dans le top 20 des femmes qui innovent en France par la Tribune. Fait impensable quelques années auparavant.

J’ai alors commencé à rencontrer d’autres professionnels de la finance qui s’ennuyaient dans leur job, voulaient plus d’innovation et me demandaient : mais comment vous avez fait ?

Après deux années à diriger France Fintech, j’ai alors cofondé une école, WAKE UP, avec  son programme historique sur la Fintech. J’aide désormais celles et ceux à faire ce que j’ai réussi à faire avec la conviction profonde que les codes classiques ne sont pas la clé pour changer de carrière. Le nouveau se trouve quand on se libère les traditions.

Et ça, ça s’apprend. 🎓

Anaïs