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Axelle Tessandier : Dépasser ses peurs.

Par Anaïs • 7 min

✏️ Ce portrait fait partie de la série Psychologie du succès. Dans cette série d’interviews, on part à la rencontre de personnalités engagées et on décrypte leurs talents, leur parcours et leur personnalité d’après leurs résultats au test Boussole.

 

Axelle a construit sa vie pour que personne ne décide à sa place.

Entrepreneure optimiste, citoyenne engagée, elle a écrit son premier livre Une Marcheuse en campagne aux éditions Albin Michel cet été. Dans ce livre, elle raconte comment elle a vécu aux premières loges la campagne d’Emmanuel Macron. En quelques mois, Axelle a été propulsée Déléguée Nationale du mouvement En Marche, a défendu la vision de son candidat sur tous les plateaux TV et s’est retrouvée à parler devant plus de 20 000 personnes lors d’un meeting à Bercy.

Les parcours fulgurants comme celui d’Axelle me laissent toujours un peu rêveuse. Je me demande toujours comment est-ce que l’on arrive si vite, si haut. Et puis, je réalise que cette aventure politique médiatisée n’est qu’éphémère et qu’elle fait partie d’une plus grande histoire : celle de sa vie. On en a parlé ensemble un soir de janvier chez WAKE UP.

▲ Son profil Boussole ▼

À la lecture du test Boussole, je comprends comment Axelle a mis à profit ses talents au cours de la campagne présidentielle :

  1. Très avant-gardiste, c’est une leader visionnaire. Elle suit les débuts d’Emmanuel Macron — alors encore Ministre de l’économie — depuis la côte ouest des États Unis. En 2014, elle écrit un blog post Lettre à France, sur la vision qu’elle a pour le pays. Trois ans avant tout le monde.
  2. Elle sait voir juste et fait confiance à son intuition. Elle sent en elle l’envie de s’engager et de prendre part à la vie politique de son pays. Elle rentre alors en France avec cette idée sans avoir de plan prédéfini en tête.
  3. Son optimisme est contagieux et elle sait rallier les personnes à un mouvement. Utile, quand l’on doit rassembler des milliers de personnes autour d’un candidat et de ses idées.

▲ Notre discussion ▼

Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron est élu Président de la République. Comment est-ce que tu te sens le 8 mai ?

Pas très bien, pour être très honnête ! Pas parce que j’avais un blues de campagne non, mais parce que j’étais au bout du rouleau. Je n’ai pas eu d’euphorie particulière à l’annonce des résultats le 7 mai : je pense que je n’ai pas réalisé tout de suite et surtout c’était l’annonce de la fin. Je suis rentrée chez moi vers 23h, épuisée.

Le lendemain, les gens commençaient à spéculer sur mon avenir et j’avais cette impression que quelqu’un d’autre que moi contrôlait ma destinée, sans être sûre de savoir réellement ce que je voulais. Cette journée du 8 mai était donc très compliquée. Bon bien sûr, j’avais quand même ce sentiment de fierté d’avoir contribué à quelque chose d’important.

Dans ce fameux billet Lettre à France, tu écris “ Je te laisse et te dis à très vite. N’oublie pas de t’aimer. L’innovation passe par l’esprit mais commence là: le cœur a ses forces que ni les obstacles ni les crises ne peuvent comprendre. Et toi, tu en as tant.” On est en 2014. C’est presque prophétique. Est ce que tu savais ce que tu allais vivre ?

J’ai écrit ces lignes après un court passage à Paris d’une dizaine de jours. Je ne rentrais pas souvent en France parce que je n’y avais pas trouvé ma place.

Pourtant ça aurait dû bien se passer pour moi. J’étais née du bon côté de la barrière et je me voyais déjà, après mes études à la Sorbonne, la prochaine Alexia Laroche Joubert dans l’audiovisuel. Lorsque je me suis faite virée de mon premier job, tout s’est écroulé. En partant aux États Unis et en créant mon think-tank Axl Agency, j’y ai trouvé une forme de liberté. J’étais loin du regard des gens qui comptaient pour moi et ça m’a libéré. J’avais trouvé ma place à San Francisco. Ce discours, je l’ai écrit dans l’avion de retour et c’est une véritable déclaration d’amour à mon pays.

Je sentais l’envie d’engagement, mais cela aurait pu prendre n’importe quelle forme. Chacun parle de la société à laquelle il croit. Chaque prise de parole est politique. Tout est politique. J’ai donc continué d’écrire sur ces sujets et quand j’ai atterri pour mon retour en France en janvier 2016, je savais que j’allais m’engager mais je ne savais pas encore comment. Ça c’est la loi de l’attraction : à partir du moment où tu as pris une décision dans ta tête, tu réagis différemment, tu provoques les choses et l’univers t’aide à atteindre ce que tu souhaites. Je ne crois pas au hasard ni à la chance. Je crois qu’il n’y a que des rendez-vous et qu’il faut les repérer. Pour ne pas rater ces rendez-vous, il faut prendre des décisions.

Tu parles d’ailleurs beaucoup de signes, que tu définis comme “des évènements qui viennent sonner à la porte de vos envies et qui n’existent que pour ceux qui veulent les voir”. Quels ont été les signes qui t’ont permis de t’engager dans cette campagne ?

Les signes, il ne faut pas les rater et il faut les reconnaître. Je rentre en janvier 2016 avec l’envie de m’engager et je reçois un coup de fil le 10 mars pour animer un débat Les Jeunes avec Macron (JAM). Je me dis : c’est peut être un signe. Je venais de lâcher ma vie, mon ex-mari, mon pays d’accueil, il me fallait des signes m’indiquant que je venais de prendre la bonne décision. Quelques mois plus tard, les équipes d’Emmanuel Macron, qui avaient vu le débat sur Youtube, me proposent d’ouvrir le meeting de la Mutualité. Là, les choses étaient cohérentes et alignées.

Il y a des moments à ne pas rater parce qu’ils ne se représentent pas. Un moment dans une vie, c’est quoi ? C’est un moment où tu sais que ta vie peut prendre une tout autre direction. Si je ne fais pas ce meeting des JAM, on ne me propose pas de faire ce meeting à la Mutualité, je ne deviens pas Déléguée Nationale d’En Marche, je ne fais pas la campagne et je n’écris pas ce livre. Il y a peu de moments dans une vie. Si vous dîtes non par peur, vous risquez de rater ces moments et de passer à côté de votre vie et de votre potentiel.

Tu parles beaucoup dans le livre de tes peurs : la peur d’être jugée, celle de ne pas être à la hauteur, celle de décevoir ou encore de ne pas y arriver. Comment est-ce que l’on dépasse ses peurs ?

La peur ne part jamais. Mais je refuse qu’elle gouverne ma vie. On parle beaucoup de confiance en soi, et finalement je me dis que c’est surfait. La seule chose qu’il faudrait valoriser c’est le courage. Ce qui fait le héros c’est d’avoir du courage, alors-même que l’on n’a pas confiance en soi.

Pour le meeting à Bercy, j’étais tétanisée et j’avais l’impression que je n’allais pas pouvoir dire un mot. Avant de monter sur scène, j’ai écrit kiffe! dans la paume de main pour ne pas oublier que cela allait certainement être un des moments les plus forts de la campagne. Et ça l’était. Tout ce que tu veux et tout ce qu’il y a de meilleur dans ta vie est de l’autre côté de la peur. Cette peur il faut la traverser comme le feu. Il n’y a pas d’autre solution. Et il ne faut pas attendre de ne plus avoir peur pour le faire car ça n’arrive jamais.

En regardant dans le rétroviseur, qu’est ce que tu as appris pendant cette aventure ?

J’ai appris qu’il faut toujours faire les choses qu’on ne se sent pas capable de faire. J’en étais déjà convaincue, mais cette nouvelle aventure l’a confirmé. J’ai aussi appris à mieux checker mon égo. On est dans un contexte où les gens ont besoin d’exister avec un besoin de reconnaissance très fort. Je me demandais en permanence si je faisais les choses pour les bonnes raisons.

Tu te définis comme quelqu’un de créatif, de très bordélique et même temps de très routinier, avec une super discipline. D’ailleurs, ton tapis de yoga ne te quitte pas pendant la campagne. Est-ce que tu peux nous parler de tes routines ?

Le bon rythme de création selon moi est push — pause : des moments de créations intenses avec une deadline précise et des moments de décélération. Les routines sont essentielles pour alimenter la créativité. Je fais tous les matins du journaling (750 mots par jour), 15 minutes de méditation et ma séance de yoga. Et moins j’ai de temps, plus j’en trouve. C’est d’ailleurs Tim Ferris qui dit “être occupé est une décision”. Je ne trouve pas ça cool d’être occupée. J’organise ma journée de façon à être efficace et avoir du temps pour moi : pas de déjeuner business les midis et je priorise tous mes rendez-vous.

D’ailleurs, si j’ai un conseil ce serait : soyez un peu égoïstes. Vérifiez bien que quand vous dites oui aux autres, vous ne dites pas non à vous-même.

▲ Visionnez ce talk en intégralité sur notre chaine Youtube, ici.▼

📹 On continue de parler de plein d’autres sujets : le syndrome de l’imposteur, la différence entre les personnalités introvertis / extravertis, les regrets et le recours aux vision boards !